Taxe de séjour en France 2026 : guide par région
La taxe de séjour est l'un des casse-têtes administratifs les plus fréquents pour les hôtes de gîtes, chambres d'hôtes et locations saisonnières en France. Chaque commune fixe son propre tarif dans les limites nationales, la plupart y ajoutent une taxe additionnelle départementale (souvent 10 %*), et l'Île-de-France applique en outre une taxe régionale additionnelle (15 %*). Résultat : les écarts d'une commune à l'autre peuvent être importants. Dans ce guide, nous présentons de façon indicative les barèmes nationaux 2026, les tarifs observés dans quelques villes touristiques, les exonérations légales, la façon dont Airbnb et Booking peuvent reverser la taxe à votre place, et comment automatiser son calcul via un PMS.
Qu'est-ce que la taxe de séjour
La taxe de séjour est un impôt local perçu par la commune (ou l'EPCI — communauté de communes) auprès des voyageurs qui séjournent dans un hébergement à titre onéreux. Elle a été créée en 1910 pour financer les équipements touristiques des stations thermales et s'est étendue à la plupart des communes touristiques françaises. Aujourd'hui, environ 6 000 communes l'appliquent.
L'hôte (l'hébergeur) n'est pas le redevable de la taxe : c'est le voyageur qui la paie. Mais l'hôte est le collecteur légal : il doit l'encaisser, la reverser à la commune et tenir un registre. Cette obligation s'applique à tous les hébergements touristiques : hôtels, résidences de tourisme, meublés classés, meublés non classés, chambres d'hôtes, villages vacances, campings, auberges de jeunesse.
Les deux régimes : tarif réel vs tarif forfaitaire
Chaque commune choisit entre deux régimes pour collecter la taxe :
- Tarif réel (le plus courant) : la taxe est calculée par personne et par nuit effectivement passée. Vous facturez la taxe à chaque voyageur, la collectez, puis la reversez à la commune avec un décompte nominatif. C'est le régime appliqué à presque tous les hôtels et meublés de tourisme.
- Tarif forfaitaire : la taxe est calculée sur la base d'une capacité théorique d'accueil × le nombre de nuits de la période d'exploitation, avec un abattement. L'hôte paie la même somme à la commune indépendamment de l'occupation réelle. Ce régime est plus rare, surtout dans les petites stations où les communes veulent un revenu garanti.
Pour la grande majorité des gîtes, chambres d'hôtes et meublés de tourisme, le régime applicable est le tarif réel. C'est celui que je détaille dans la suite.
Barèmes nationaux 2026
Chaque commune fixe son tarif à l'intérieur des fourchettes nationales définies par la loi. Voici les plafonds en vigueur en 2026 (par personne et par nuit) :
| Catégorie d'hébergement | Tarif minimum | Tarif maximum |
|---|---|---|
| Palaces | 0,70 €* | 5,00 €* |
| Hôtels, résidences, meublés 5 étoiles | 0,70 €* | 3,75 €* |
| Hôtels, résidences, meublés 4 étoiles | 0,70 €* | 2,90 €* |
| Hôtels, résidences, meublés 3 étoiles | 0,50 €* | 1,65 €* |
| Hôtels, résidences, meublés 2 étoiles · villages vacances 4/5* | 0,30 €* | 0,99 €* |
| Hôtels, résidences, meublés 1 étoile · chambres d'hôtes · auberges collectives | 0,20 €* | 0,85 €* |
| Terrains de camping 3/4/5 étoiles | 0,20 €* | 0,66 €* |
| Terrains de camping 1/2* · ports de plaisance | 0,20 €* (tarif unique) | |
Tarifs dans les principales villes touristiques
Voici les tarifs effectivement appliqués en 2026 dans quelques grandes villes françaises (tarif communal pour meublé de tourisme non classé, avant taxes additionnelles) :
| Ville | Région | Tarif (non classé) | Taxe add. départementale |
|---|---|---|---|
| Paris | Île-de-France | 5 %* du prix (plafond 5,00 €*) | 10 %* + 15 %* régionale |
| Nice | PACA | 5 %* (plafond 2,90 €*) | 10 %* |
| Cannes | PACA | 5 %* (plafond 2,90 €*) | 10 %* |
| Marseille | PACA | 5 %* (plafond 2,90 €*) | 10 %* |
| Lyon | Auvergne-Rhône-Alpes | 5 %* (plafond 2,53 €*) | 10 %* |
| Bordeaux | Nouvelle-Aquitaine | 5 %* (plafond 2,30 €*) | 10 %* |
| Toulouse | Occitanie | 5 %* (plafond 2,30 €*) | 10 %* |
| Saint-Malo | Bretagne | 5 %* (plafond 0,85 €*) | 10 %* |
| La Rochelle | Nouvelle-Aquitaine | 5 %* (plafond 1,65 €*) | 10 %* |
| Chamonix | Auvergne-Rhône-Alpes | 5 %* (plafond 2,90 €*) | 10 %* |
| Biarritz | Nouvelle-Aquitaine | 5 %* (plafond 2,90 €*) | 10 %* |
Ces chiffres sont indicatifs : chaque commune vote ses tarifs chaque année avant le 1er juillet pour application l'année suivante. Vérifiez toujours les tarifs exacts sur le site de votre commune ou sur la plateforme officielle collectivites-locales.gouv.fr.
Taxes additionnelles : départementale et régionale
Taxe additionnelle départementale (+10 %)
Presque tous les départements français appliquent une taxe additionnelle de 10 % sur le montant de la taxe de séjour communale. Elle est collectée par la commune en même temps que la taxe principale et reversée au département, qui l'utilise pour financer la promotion touristique départementale.
Exemple : si la commune fixe le tarif à 2,00 € par nuit, vous facturez en réalité 2,20 € (2,00 € + 0,20 € départementale). Les plateformes OTA gèrent ça automatiquement, mais si vous collectez manuellement, il faut l'intégrer dans votre calcul.
Taxe additionnelle régionale Île-de-France (+15 %)
Depuis 2019, la Région Île-de-France perçoit une taxe additionnelle de 15 % sur la taxe de séjour communale, en plus de la taxe départementale. Elle s'applique à tous les départements d'Île-de-France (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Yvelines, Val-d'Oise, Seine-et-Marne) et finance le réseau de transport du Grand Paris Express.
Concrètement, un voyageur qui séjourne dans un meublé non classé à Paris avec un prix de 150 € la nuit paie :
- Taxe communale : 5 % × 150 € = 7,50 €, plafonnée à 5,00 € → 5,00 €
- Taxe départementale : 10 % × 5,00 € = 0,50 €
- Taxe régionale IdF : 15 % × 5,00 € = 0,75 €
- Total par personne et par nuit : 6,25 €
Pour un couple qui reste 3 nuits à Paris, c'est 37,50 € de taxe de séjour uniquement. C'est pourquoi les hôtes parisiens doivent absolument communiquer le montant en amont dans leurs conditions pour éviter les mauvaises surprises au check-out.
Exonérations légales
La loi prévoit des exonérations obligatoires pour certaines catégories de voyageurs. Vous ne devez pas leur facturer la taxe :
- Mineurs de moins de 18 ans (y compris les enfants accompagnant leurs parents)
- Titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés sur la commune
- Personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire
- Personnes occupant des locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par délibération du conseil municipal
Airbnb et Booking : collecte automatique
Depuis la loi Elan (2018-2019), Airbnb, Booking.com, Abritel, Vrbo et la plupart des plateformes OTA peuvent être tenues de collecter et reverser elles-mêmes la taxe de séjour pour les hébergements non classés dans les communes qui appliquent le régime au tarif réel. Lorsque ce mécanisme s'applique :
- Pour une réservation qui arrive via Airbnb, la plateforme peut collecter la taxe et la reverser directement à la commune. Dans ce cas, le montant ne transite généralement pas par vos comptes.
- Pour une réservation qui arrive via votre propre canal (site web, téléphone, e-mail, chambre d'hôtes à la porte), vous restez responsable de la collecter, de la déclarer et de la reverser.
Cette asymétrie crée beaucoup de confusion. Un bon PMS doit savoir distinguer les réservations OTA (où la taxe a déjà été collectée par la plateforme) des réservations directes (où vous devez la collecter vous-même), et ne pas la compter deux fois.
Comment déclarer et verser
Le reversement à la commune se fait généralement en deux échéances annuelles : avant le 1er juillet pour le premier semestre et avant le 1er janvier pour le second semestre. Certaines communes demandent un versement mensuel ou trimestriel — vérifiez auprès de votre mairie.
La déclaration doit inclure :
- Le nombre de nuitées taxables (en excluant les exonérés)
- Le nombre de personnes exonérées (avec justification)
- Le montant total collecté
- Le montant reversé par les plateformes OTA (information souvent pré-remplie sur les déclarations en ligne)
La plupart des communes ont mis en place un téléservice de déclaration en ligne. Paris, Nice, Lyon, Marseille, Bordeaux et les principales stations touristiques ont toutes des portails dédiés accessibles avec vos identifiants d'hébergeur (numéro d'enregistrement de meublé, SIRET, etc.).
Sanctions en cas de manquement
Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) prévoit des contraventions de la 4e classe en cas de manquement à l'obligation de collecte et de reversement :
- Absence de collecte ou de reversement : amende pouvant aller jusqu'à plusieurs centaines d'euros par infraction*
- Absence de déclaration dans les délais : amende indicative de l'ordre de 150 €*
- Déclaration inexacte ou incomplète : amende indicative de l'ordre de 150 €*
Les montants exacts dépendent du cadre réglementaire en vigueur et de la classification de la contravention — référez-vous au CGCT et aux textes d'application.
Dans la pratique, les communes privilégient d'abord les rappels et régularisations avant les sanctions pécuniaires, mais elles se durcissent en cas de récidive ou de mauvaise foi manifeste. Paris, en particulier, a mis en place des contrôles systématiques des hébergements meublés non enregistrés.
Automatisation via un PMS
Calculer manuellement la taxe de séjour devient rapidement ingérable dès que vous avez plus de deux unités ou que vous combinez canaux directs et OTA. Les points qui doivent être automatisés par un bon PMS :
| Fonction | Ce que fait le PMS |
|---|---|
| Tarif par commune | Applique automatiquement le tarif exact de votre commune (avec maj annuelle) |
| Taxes additionnelles | Ajoute automatiquement les 10 % départementale et 15 % régionale IdF si applicable |
| Exonération mineurs | Exclut automatiquement les enfants de < 18 ans du calcul |
| Distinction OTA / direct | Ne facture pas la taxe sur les réservations où la plateforme a déjà collecté |
| Plafond proportionnel | Applique le plafond de 5 % du prix de la nuit pour les non classés |
| Déclaration | Génère un rapport semestriel prêt à envoyer à la commune |
Temps moyen de préparation de la déclaration semestrielle : 2-3 minutes avec un PMS, contre 3-5 heures manuellement pour un gîte de 3 unités avec un mix de clients OTA et directs. L'économie devient significative dès la première saison.
Vezpa : taxe de séjour automatique intégrée
Tarifs par commune préchargés, exonération automatique des mineurs, calcul des taxes additionnelles, distinction OTA / direct, rapport semestriel prêt à l'envoi. Sans frais supplémentaires.
Démarrer l'essai gratuitQuestions fréquentes
Dois-je facturer la taxe séparément ou l'inclure dans le prix ?
Les deux options sont légales, mais la pratique recommandée est de la faire apparaître séparément sur la facture, pour la transparence vis-à-vis du client et pour que votre comptabilité sépare clairement le chiffre d'affaires de l'hébergement (soumis à TVA le cas échéant) de la taxe collectée pour le compte de la commune (hors TVA).
Un enfant de 17 ans qui voyage seul doit-il payer la taxe ?
Non. L'exonération des mineurs s'applique quel que soit le contexte : mineur accompagné ou mineur seul. Le seul critère est l'âge au moment du séjour.
Si je fais du tarif réel et qu'un mois je n'ai aucun client, dois-je déclarer ?
Oui. Vous devez déclarer zéro nuitée si la commune vous impose une déclaration périodique. C'est une déclaration "néant" mais elle est obligatoire dans certaines communes, et son absence est sanctionnable.
Un voyageur qui reste un mois paie-t-il la taxe pour tout le séjour ?
Oui, la taxe de séjour s'applique à chaque nuit passée dans l'hébergement, sans limite de durée. Certaines communes ont toutefois mis en place un plafond (par exemple 7 nuits consécutives taxables) pour les séjours longs — vérifiez le règlement de votre commune.
Comment savoir si Airbnb ou Booking a déjà collecté la taxe pour ma réservation ?
Airbnb affiche le détail de la taxe collectée dans le récapitulatif de chaque réservation (section "Taxes reversées aux autorités locales"). Booking.com l'affiche dans l'extranet, onglet "Finance" → "Factures". Si votre PMS est bien connecté au channel manager, l'information est importée automatiquement et la taxe n'est pas ajoutée une deuxième fois.
Et pour la Belgique ?
La Belgique applique une taxe de séjour communale distincte du système français, avec des tarifs généralement plus simples (souvent un forfait par personne et par nuit, entre 1 € et 4,50 € selon la commune). Bruxelles applique en plus la "taxe sur les hébergements touristiques" de la Région bruxelloise. Les plateformes OTA collectent également pour vous dans la plupart des communes wallonnes et bruxelloises depuis 2020.
Conclusion
La taxe de séjour est complexe non pas en soi, mais parce qu'elle combine quatre variables : la commune, la catégorie d'hébergement, les taxes additionnelles et l'âge du voyageur. À la main, c'est une source inépuisable d'erreurs et de disputes au check-out. Automatisée via un PMS qui connaît votre commune, qui applique les exonérations et qui distingue les canaux OTA du direct, c'est un non-sujet : vous percevez la taxe correcte à chaque réservation, vous générez la déclaration semestrielle en deux clics, et vous ne risquez ni de sous-déclarer (sanction commune) ni de sur-facturer (contestation client).
Si vous gérez 1 à 20 unités et que vous voulez éliminer ce casse-tête, choisissez un PMS qui (a) a les tarifs de votre commune préchargés, (b) gère la taxe régionale Île-de-France si applicable, (c) applique automatiquement l'exonération des mineurs, (d) distingue les réservations OTA (où la taxe est déjà collectée) des directes. Sans ces quatre points, vous gérerez la taxe à la main et vous finirez par faire des erreurs.
Belgique
България
Česko
Danmark
Deutschland
Ελλάδα
España
France
Hrvatska
Ireland
Ísland
Italia
Luxembourg
Magyarország
Nederland
Norge
Österreich
Polska
Portugal
România
Schweiz
Slovenija
Slovensko
Suomi
Sverige
United Kingdom